| - PROJET HUMSEC - | |||||||||||||||||||||||
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Historique du Projet Humsec et partenariat Le projet Humsec (Human Security) a été initié par la Commission européenne
sous l’égide de son 6ème programme-cadre «
Intégrer et renforcer le domaine de la recherche
européenne ». La Commission a choisi l’ETC
(European Training Centre for Human Rights and Democracy basé
à Graz en Autriche) pour être le coordinateur du projet
avec lequel elle a signé le contrat Humsec.
L’ETC a ensuite sélectionné différentes
institutions universitaires à l’échelle
européenne pour former un Consortium
chargé de mener à bien le projet. Le CDPIAC a ainsi
été retenu parmi les 16 institutions partenaires qui ont
conclu un Consortium Agreement avec l’ETC de Graz.
![]() la Commission européenne A l’exception de la
Macédoine, tous les pays de la région des Balkans sont
représentés au sein du consortium. Le consortium se
compose des universités et des instituts de recherche en Droit
pénal, Droit international, Etudes de Défense et de
Sécurité, Relations Internationales, Criminologie, mais
aussi Economie, ainsi que des centres spécialisés dans
l’étude des droits de l’homme pour permettre un
dialogue scientifique véritablement interdisciplinaire.
Parmi les institutions partenaires, on compte :
![]() L’objectif du Projet Humsec L’objectif du projet, d’une durée de trois ans, est d’améliorer la compréhension des liens
entre les organisations criminelles et les groupes terroristes
transnationaux dans la région occidentale des Balkans et leur
rôle dans le processus de reconstruction de la paix dans cette
région. En ce sens, le projet Humsec a principalement pour vocation d’établir un réseau de scientifiques
travaillant sur ce sujet et de promouvoir le dialogue entre la
communauté scientifique de l’Union européenne et de
la région ouest des Balkans.
Dans le cadre du projet, trois thèmes principaux ont été identifiés et trois groupes de travail constitués. Chaque thème s’inscrit sur une des trois années du projet. Chacun de ces groupes se consacre à l’étude de la situation actuelle sur l’un de ces thèmes, qui sont les suivants : 1) Le lien entre
les organisations terroristes et criminelles transnationales dans la
région balkanique occidentale ;
2) L’influence de ces phénomènes sur l’Etat et sur la société civile ; 3) L’impact du terrorisme et des organismes criminels transnationaux sur le processus de reconstruction de la paix dans la région. La diffusion du savoir pour la société civile et pour les décideurs politiques est garantie à travers : - la publication des documents de travail qui sont présentés lors des conférences annuelles sur le site Web du projet, - la création d’un journal en ligne relatif au projet, qui est édité annuellement, - l’organisation de trois universités d’été qui ont pour but de présenter et de discuter les résultats des conférences annuelles parmi de jeunes professionnels et de jeunes chercheurs (dans ce cadre deux doctorantes du CDPIAC ont pu suivre les cours de l’académie d’été de 2006 à Graz en Autriche, cf. infra). LES CONFERENCES ANNUELLES DU PROJET
![]() Tous les ans, le réseau organise une conférence internationale qui constitue un forum important pour les travaux du consortium. Cette conférence annuelle a pour objectif d’évaluer la situation dans l’un des trois champs identifiés ci-dessus, et ainsi favoriser la coopération des chercheurs, la discussion des résultats, et enfin faire des recommandations pour les décideurs en vue de l’action publique. La première conférence a été organisée par le groupe HUMSEC 1, dont fait partie le CDPIAC de l’université de Toulouse I. Carine Giraldou, coordinatrice de projet du Centre et Anne Mandeville, co-directrice du CDPIAC, ont représenté l’université de Toulouse et le Centre lors de cette première Conférence annuelle, qui s’est tenu à Ljubljana en Slovénie du 23 au 26 novembre 2006.
A cette occasion, Anne
Mandeville a présenté un rapport visant à analyser
le rôle des institutions militaires et de sécurité
européennes occidentales dans ce qu’il est
aujourd’hui convenu d’appeler le « state-building
» dans les sociétés dévastées par des
conflits de diverses natures et minées par la menace terroriste
et la criminalité organisée. Ce rapport s’appuyait
notamment sur les recherches menées à propos du
rôle de la gendarmerie française dans la reconstruction de
la gendarmerie roumaine (programme européen PHARE), notamment
grâce à la mission effectuée, avec l’accord
du Président Roussillon, en Roumanie, du 19 au 23 juillet 2006,
aux côtés du chef de la délégation de la
gendarmerie française, le colonel Cavallier, qui dirige le
Centre National de Formation des Forces de Gendarmerie et qui est
également membre fondateur du CDPIAC.
LES UNIVERSITES D’ETE
Dans le cadre du projet, les partenaires sont tenus d’organiser chaque année une summer academy grâce à laquelle le réseau souhaite amener le discours scientifique plus près de la société civile, renforcer les principes démocratiques et accroître la prise de conscience – par les moyens de l’enseignement des Droits de l’Homme et de l’éducation pour la citoyenneté démocratique (concept de « Human Rights and Citizenship Education » selon Wolfgang Benedek, Directeur de l’ETC) – sur les dangers que les organisations criminelles et terroristes transnationales sont pour la société et pour le processus de reconstruction dans la région ouest des Balkans. Le programme de cette summer
academy est conçu de façon à délivrer des
informations générales à la fois
- sur les sujets du terrorisme, du crime organisé transnational et de l’établissement de la paix, - sur les liens que ces trois facteurs entretiennent entre eux, - ainsi que sur les liens entre ces trois facteurs et les objectifs de la sécurité humaine et le respect des Droits de l’Homme. L’accent est toutefois porté sur la région ouest des Balkans. ![]() Les objectifs de la summer academy
• Présentation et discussion des
résultats de la Conférence annuelle (sauf pour la
première année)• Transfert de connaissances et acquisitions de compétences aux moyens de la promotion d’une éducation civique et des Droits de l’Homme • Analyse de la capacité de reconstruction de la région et au-delà • Opportunité pour les jeunes chercheurs d’approfondir leur investissement • Diffusion plus grande du savoir • Travail en réseau avec des experts extérieurs aux niveaux ONG, gouvernemental et académiques
Les thématiques abordées se sont inscrites dans le droit fil des activités et des travaux de recherche de l’ETC. Ainsi ont été abordés les thèmes suivants : Le concept de « Human Security »
Messieurs Wolfgang Benedek, Gerd Oberleitner (Université de Graz) et José Manuel Pureza (Université de Coimbra) ont mis en exergue toutes les difficultés entourant la définition du concept récent de sécurité humaine, dont l’émergence date de 1994 avec le fameux rapport du Programme des Nations unies pour le développement. Il a par la suite fait l’objet de campagne de promotion de la part de ce que l’on appelle les « moyennes puissances » soucieuse de prendre à leur compte une idée pouvant leur conférer une place dans un système international devenu unipolaire. Le grand problème de ce concept est l’absence de définition précise et unanime (définition tantôt large tantôt étroite). La problématique de la définition terrorisme
M. Christopher Daase de l’université de Munich et M. Walter Gehr de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC - Vienne) ont abordé quelques unes des causes sociologiques et historiques du terrorisme. M. Daase a ensuite présenté les différences de perceptions de ce phénomène de part et d’autre de l’Atlantique. Enfin, M. Gehr a procédé à la présentation des différents instruments juridiques de lutte contre le terrorisme international. Le crime organisé et ses différents aspects
Avec les Professeurs Petrus Van Duyne et Maarten Van Dijck de l’Université de Tilburg, nous avons tenté de caractériser la criminalité organisée au travers de définitions, d’exemples types d’organisations criminelles (anatomie et modes opératoires) et de leurs activités dites classiques. L’utilité, et même la possibilité d’une définition pour la criminalité organisée comme pour le terrorisme ont été soulevées. Le blanchiment d’argent et le trafic de cigarettes ont été plus particulièrement étudiés. La corruption dans la lutte contre la criminalité
M. Josip Kregar de l’université de Zagreb a remarquablement présenté la problématique de la lutte contre la criminalité organisée dans les pays des Balkans dans un contexte de corruption généralisée. M. Kregar a expliqué comment la corruption liée à cette criminalité organisée a ruiné l’économie, affaibli les institutions politiques et entravé les processus de démocratisations des pays issus de l’ex-Yougoslavie. L’évocation de certains exemples par les participants eux-mêmes, majoritairement originaires des Balkans, a considérablement enrichi la discussion. Le trafic d’êtres humains
La question du trafic de migrants a été traitée par Mme Ayse Nilüfer Narli de l’Université d’Istanbul au travers d’une présentation des nouvelles filières de l’immigration clandestine en Turquie. Mme Karine Grimm du Geneva Center for the Democratic Control of Armed Forces (DCAF) a ensuite procédé à la présentation de l’ouvrage « Women in an Insecure World », chef d’œuvre des travaux de DCAF, traitant notamment des violences faites aux femmes dans les pays en guerre ou en situation post-conflictuelle et des femmes au sein des forces armées. La victimologie
La dernière journée de travail s’est articulée autour des interventions du Professeur Michael Kichling de l’Université de Fribourg, d’Anke Sembacher de l’ETC et d’Inge Bell, journaliste allemande. M. Kichling nous a proposé une introduction à la victimologie, discipline en plein essor compte tenu de la montée en puissance de la valeur du statut de victime. Il a par la suite présenté les différents instruments juridiques dont sont dotés certains pays comme Israël et les USA en la matière. Mme Bell a évoqué la situation des femmes forcées à se prostituées au travers de la projection de documentaires et de reportages constitués lors d’une étude de terrain. Enfin, pour compléter ce remarquable panel d’experts, les participants ont eu l’honneur d’écouter le membre autrichien du Comité pour la prévention de la Torture du Conseil de l’Europe Mme Renate Kicker.
Le format organisationnel des travaux
Les sessions plénières du matin étaient réservées aux interventions des experts, organisées sous forme de modules abordant un thème spécifique par jour afin d’améliorer l’assimilation des connaissances. Les cours ont été délivrés dans un format très didactique, avec un équipement audiovisuel de pointe, le plus souvent sous forme de projection de présentations Powerpoint, parfois assortis de projection de films et/ou de documentaires tournés et réalisés par les experts eux-mêmes sur le terrain. A l’issue des interventions, les débats et les questions ont été largement privilégiés. Les sessions de l’après midi proposaient des ateliers très vivants en petits groupes (Workshops) laissant libre cours aux discussions ainsi qu’aux mises en situation particulièrement enrichissantes puisque consistant notamment en la création de groupes terroristes ou de groupes criminels organisés, selon des directives précises. Ces « travaux dirigés » sous forme de jeux de rôle ont permis de révéler tous les enjeux et toutes les problématiques des aspects théoriques exposés le matin même. Le tout agrémenté de coffee break dignes des réceptions de l’Ambassadeur ! Un tel format de travail a donné à ces journées d’analyse et de recherche une dynamique certaine et a incontestablement favorisé l’interactivité et les échanges parmi les participants. De manière générale, l’organisation de cette Université d’été a été particulièrement époustouflante : •
D’abord dans la préparation de la summer academy puisque
une liste de lectures recommandées donnant une vision
générale des thèmes qui allaient être
abordés pendant cette session internationale avait
été diffusée aux participants deux mois avant le
début des cours. Ces lectures ont ensuite été
compilées pour nous être distribuées sous forme de
reader à notre arrivée.
• Dès le premier jour de travail, ont été remis aux participants : - l’Agenda finalisé de cette université d’été, - un état des ressources disponibles à la bibliothèque de l’ETC et des possibilités de connexions à Internet, - un guide de la région, - une brochure de la Ville de Graz et un guide des infos pratiques (commerces, pharmacies, supermarchés, parcs…) • Le soir du premier jour, Réception à la Mairie de Graz dans la très luxueuse salle du conseil municipal avec buffet et dégustation de vins de la région. ![]() •
Deuxième jour : « Human Rights City Tour » : visite
guidée de la Ville centrée sur la thématique des
Droits de l’Homme.
• Tout au long de la Summer Academy, une documentation très riche a été distribuée soit par les experts eux-mêmes (ouvrages, guides, polycopiés, CD-ROM), soit par l’équipe de l’ETC (ouvrages divers et CD-ROM rassemblant toutes les présentations Powerpoint et vidéos). Cette documentation peut désormais être consultée par les étudiants au CDPIAC lors des heures de permanence. • A l’issue de chaque journée de travail, les participants étaient invités à procéder à l’évaluation des interventions à l’aide d’un questionnaire-type. • Le
dimanche, excursion en bus vers les montagnes du centre de la Styrie.
Arrêt au mémorial dédié aux juifs hongrois
qui ont été contraints de traverser ces montagnes dans
leur marche vers le camp de concentration autrichien de Mauthausen.
![]() Ascension,
à l’aide d’un téléphérique de
plein air, au sommet des monts styriens où le petit chalet
auberge de Präbichl offrait déjeuner typique et schnaps
à volonté aux plus téméraires….
![]() • Dernier
soir : cérémonie de remise des diplômes en grande
pompe et mémorable Farewell Party !
![]() Les participants
Pour ces Universités d’été, les participants sont sélectionnés d’une part parmi les institutions partenaires du Projet Humsec et d’autre part parmi les personnes qui auront répondu à l’appel public à candidature. Ils sont choisis compte tenu de leur domaine de spécialisation ainsi que de leur degré de motivation à s’impliquer dans le programme. Le Projet privilégie toutefois les étudiants doctorants, les jeunes professionnels, les jeunes chercheurs ainsi que les représentants d’ONG, dont l’agenda de travail se concentre sur les thèmes du terrorisme, du crime organisé et de l’avènement de la paix. Une attention particulière est portée sur la sélection de candidats provenant de l’Europe de l’Est et du Sud Est. Au total, la première Summer Academy a rassemblé 27 participants, originaires des pays d’Europe du Sud Est, d’Asie centrale et des pays de l’Union européenne (Allemagne, Autriche, Albanie, Azerbaïdjan, Bosnie Herzégovine, Croatie, Danemark, France, Kazakhstan, Kirghizistan, Kosovo, Macédoine, Monténégro, Pays-Bas, Portugal, Serbie, Slovénie, Tadjikistan et Ukraine). Etudiants (juristes ou politologues) pour la plupart, mais aussi professionnels, policiers, chercheurs, praticiens ou encore membres d’ONG spécialisées dans la défense des droits de l’homme, chacun a pu bénéficier de l’expérience et des connaissances des autres. Ce mélange des cultures a permis des échanges exceptionnellement riches. ![]() For details on the Summer Academy application and information on the HUMSEC project please consult the HUMSEC website www.humsec.eu ______________________________________________ |
